(à l'occasion de la
table ronde du 16 octobre "Jean Paul II : visionnaire politique ?")(Retour à la page d'accueil)
Cette biographie s'appuie
principalement sur les ouvrages de George Weigel, Jean Paul II, témoin
de l'espérance (Jean-Claude Lattès), et de Christine de Montclos,
Un pèlerin politique ? Les voyages de Jean Paul II (Bayard).
L'encyclique Redemptoris
missio, en 1990, rappelle que la mission est au cœur de la vie de l'Eglise.
Cette mission suppose la réforme interne de l'Eglise, l'unité du monde judéo-chrétien,
mais aussi l'ouverture vers le monde, et particulièrement les autres religions.
En effet, elle affirme avant tout la liberté de conscience.
Jean Paul II achève de nombreux travaux lancés par le deuxième concile
du Vatican : nouveau Code de Droit Canonique (droit de l'Eglise romaine) en 1983,
Constitution apostolique Pastor bonus ("gestion" interne de l'Eglise) en
1988, Catéchisme de l'Eglise catholique en 1991 (qui est un succès de librairie,
jusqu'aux Etats-Unis) (non disponible en ligne en français pour le moment, sauf
erreur).
Sa réflexion théologique, commencée au sujet des trois personnes divines (Redemptor
hominis, 1979 ; Dives
in misericordia, 1980 ; Dominum
et vivificantem, 1986), se poursuit par une réflexion sur la science.
En 1993, Veritatis
splendor affirme ainsi qu'il y a une vérité et que l'homme y a accès parce
que Dieu l'a voulu. La vérité oriente ainsi la volonté vers le salut. Enfin,
en 1998, Fides
et ratio veut mettre fin aux tensions entre l'Eglise et la science, en
affirmant que la foi et la science sont les deux ailes qui aident à voler vers
la vérité.
Malgré les difficiles relations avec le patriarche Alexis de Moscou, Jean Paul
II raffermit l'unité du monde judéo-chrétien. Après un voyage dans les pays scandinaves,
où le luthéranisme est religion d'Etat (1989), après la reconnaissance d'Israël
par le Vatican en 1993, et après plusieurs tentatives pour rencontrer Alexis,
qui n'aboutiront pas, le deuxième millénaire de l'Eglise s'achève par trois événements
: une visite oecuménique historique dans la Roumanie orthodoxe, en 1999
; la Déclaration conjointe d'Augsbourg sur la doctrine de la justification,
signée par catholiques et luthériens, qui constate l'absence de divergence de
fond entre chrétiens sur la théorie de la grâce divine et du salut ; enfin, en
mars 2000, l'année du jubilé, Jean Paul II se rend à Jérusalem et exprime sa repentance
au peuple juif.
A une époque où les conflits du monde se réclament pour la plupart de la religion,
Jean Paul II met au-dessus de tout la paix et le dialogue entre les religions.
En octobre 1986, il réunit ainsi des dignitaires des principales religions du
monde pour la Journée mondiale de prière pour la paix (Assise). C'est en Indonésie
qu'il noue les relations les plus fortes avec des musulmans, mais il parvient
aussi à se rendre au Soudan en pleine charia et au Nigéria. Il se recueille devant
le mausolée de Gandhi lors de son voyage en Inde en 1986, et reviendra en 1999
pour répéter que "faire la guerre au nom de la religion est une contradiction
flagrante". La béatification de Mère Térésa de Calcutta, à qui les Indiens ont
élevé des statues, nouera un lien peut-être durable avec ce continent. Mais Jean
Paul II ne pourra jamais se rendre en Chine, montrant les limites de l'ouverture
de ce pays en plein changement.
Si l'Eglise peut, au-delà de différences historiques et sociales, communier dans
le Christ, si elle peut dialoguer en paix avec les autres formes de foi, c'est
qu'elle a l'importante mission de protéger la liberté de conscience et de religion.
Dans la continuité de ses prédécesseurs, et avec une présence toute particulière,
Jean Paul II affirme, pour tous les hommes, la possibilité d'accéder au salut.